Un client m'appelle l'été dernier, paniqué. Son trafic a chuté de 42 % en trois semaines. Pas d'erreur de redirection, pas de pénalité de contenu, rien de cassé techniquement. On a fini par trouver : il avait signé quatre partenariats rémunérés avec des blogs de son secteur, et les liens avaient été posés sans attribut particulier. Quatre liens. Quarante-deux pour cent. Voilà le genre de détail qui pourrit une année.
Les liens sponsorisés et le nofollow, c'est le sujet dont tout le monde parle en surface et que presque personne n'applique correctement. On va voir pourquoi.
Points clés à retenir
- Un lien nofollow indique aux moteurs qu'il ne faut pas suivre le lien pour transmettre de l'autorité — mais ce n'est plus un ordre absolu depuis 2019.
- Trois attributs existent aujourd'hui :
nofollow,sponsored(liens payants) etugc(contenus utilisateurs). - Le piège le plus coûteux reste le lien d'affiliation ou de partenariat rémunéré posé sans
sponsored. - Tout mettre en nofollow par sécurité est une erreur : vous vous coupez d'autorité utile.
- La majorité des pénalités manuelles « liens non naturels » viennent de liens entrants, pas de liens sortants.
- Le netlinking reste un levier puissant — à condition de savoir ce qu'on achète.
C'est quoi un lien nofollow, au fond ?
Un lien nofollow, c'est un lien auquel on accole l'attribut rel="nofollow". Concrètement, dans le code, ça donne ça :
<a href="https://exemple.fr" rel="nofollow">un texte de lien</a>
L'idée de départ, quand l'attribut a été introduit, était simple : dire à Google « ce lien, je ne le cautionne pas, ne lui transmets pas de valeur ». Ça servait surtout à bloquer le spam dans les commentaires de blogs.
Ce qui a changé et que beaucoup ignorent encore
Depuis 2019, nofollow n'est plus une consigne stricte. Google le traite comme un indice. Il peut décider de suivre le lien quand même, ou de ne pas le suivre, selon le contexte. Sur le papier, ça paraît anodin. En pratique, ça veut dire qu'on ne peut plus « éteindre » un lien en mettant nofollow dessus et dormir tranquille.
Trois attributs coexistent désormais :
- rel="nofollow" — l'outil historique, un peu fourre-tout.
- rel="sponsored" — pour tout ce qui est payé : partenariats, articles sponsorisés, liens d'affiliation.
- rel="ugc" — pour les contenus générés par les utilisateurs (commentaires, forums).
Ce que j'ai constaté sur le terrain, c'est que la plupart des sites utilisent encore nofollow pour tout, par habitude. Ce n'est pas faux techniquement. C'est juste imprécis — et parfois risqué.
Quelle est la différence entre un lien dofollow et un lien nofollow ?
Un lien dofollow, c'est simplement un lien sans attribut. Le comportement par défaut. Le moteur le suit, évalue la page de destination, et transmet une partie de l'autorité de votre page vers la cible. C'est le mécanisme de base du PageRank, même si les choses se sont complexifiées depuis.
Un lien nofollow, à l'inverse, ne transmet pas cette autorité. Ou plus exactement : il ne devrait pas la transmettre.
| Critère | Lien dofollow | Lien nofollow |
|---|---|---|
| Attribut | Aucun | rel="nofollow" |
| Transmission d'autorité | Oui | Non (ou très limitée) |
| Usage typique | Lien éditorial de confiance, lien interne | Commentaires, liens payants, contenus tiers |
| Valeur SEO pour la cible | Positive | Proche de zéro (mais pas nulle en trafic) |
| Risque si mal utilisé | Faible sur liens sortants, élevé sur liens entrants achetés | Perte d'autorité si abusif |
| Trafic référé | Oui | Oui, identique |
Ce dernier point est celui que j'oublie moi-même régulièrement : un lien nofollow envoie exactement le même trafic qu'un dofollow. Ce qui change, c'est uniquement la valeur SEO transmise. Si votre objectif est la visibilité et non le positionnement, le débat nofollow/dofollow n'a presque aucune importance.
Quels sont les deux types de liens importants pour le SEO ?
La distinction qui compte vraiment n'est pas dofollow/nofollow. C'est liens internes contre liens externes. Ou, plus précisément : liens entrants (qui pointent vers vous) et liens sortants (qui partent de chez vous). On les confond tout le temps, et c'est là que naissent les erreurs coûteuses.
Le piège des liens internes en nofollow
J'ai vu des sites mettre nofollow sur leurs liens de navigation, persuadés de « concentrer le jus » sur les pages importantes. Résultat : une page d'accueil qui ne transmet plus rien à ses pages catégories, un maillage qui s'effondre, et des pages profondes qui mettent des mois à se faire indexer.
Un lien interne ne doit jamais être en nofollow, sauf cas très particulier (page de connexion, panier, mentions légales sans intérêt). Vous vous privez de votre propre autorité, celle que vous avez mis des années à construire.
Le piège des liens sortants « par sécurité »
À l'inverse, beaucoup de rédacteurs mettent nofollow sur tous leurs liens externes, même vers des sources de qualité. Je l'ai fait aussi, à mes débuts, sur un blog de veille. Pendant huit mois. Puis j'ai arrêté, et je n'ai vu aucune différence de positionnement. Ce que j'ai vu, en revanche, c'est que mes articles citaient des sources crédibles — et que ça se ressentait dans la perception du site.
Mettre nofollow partout ne protège de rien. Google sait très bien distinguer un lien éditorial vers une étude d'un lien acheté vers un site quelconque.
L'erreur qui coûte cher : le sponsored oublié
Voilà le vrai piège. Celui qui a coûté 42 % de trafic à mon client.
Un lien d'affiliation, un article sponsorisé, un partenariat rémunéré : tous doivent porter rel="sponsored" (ou nofollow à défaut, mais sponsored est plus précis). Si vous omettez l'attribut, vous déclarez implicitement à Google : « ce lien est éditorial, je le cautionne ». Ce qui est faux, puisque vous avez été payé.
Le risque ? Une action manuelle pour « liens non naturels ». Elle n'arrive pas toujours. Mais quand elle tombe, elle est brutale et difficile à faire lever.
Comment corriger, concrètement
- Inventorier tous les liens qui ont fait l'objet d'une contrepartie (argent, produit, service, invitation).
- Ajouter
rel="sponsored"sur chacun, dans le HTML. - Si des pages ne peuvent pas être modifiées, utiliser le désaveu dans la Search Console — en dernier recours.
- Documenter les partenariats : qui, quand, quel montant. En cas de contrôle, cette traçabilité change tout.
Et pour les contenus utilisateurs ? Les commentaires, les avis clients, les contributions de forum : rel="ugc" est le bon outil. Pas nofollow, pas rien du tout. Un CMS mal configuré peut laisser passer des commentaires avec des liens dofollow — j'ai vu le cas sur un site de e-commerce qui recevait 200 commentaires spam par semaine avec liens dofollow vers des pharmacies douteuses.
C'est quoi du netlinking, et où est le piège ?
Le netlinking, c'est l'ensemble des techniques visant à obtenir des liens entrants vers votre site. Backlinks, en bon français.
Le piège n'est pas dans la définition. Il est dans la marchandise. On vous vendra des « 50 backlinks de qualité pour 300 € », et vous obtiendrez 50 liens posés sur des annuaires sans trafic, sans thématique, sans âme. Le lien existe. Il ne vaut rien. Pire : il peut vous coûter une pénalité si l'annuaire est identifié comme spammy.
Ce que j'ai fini par comprendre après plusieurs centaines d'euros dépensés chez trois prestataires différents : le prix au lien ne veut rien dire. Ce qui compte, c'est le trafic réel de la page qui vous cite, sa proximité thématique avec la vôtre, et si le lien a une chance d'être cliqué. Un seul lien depuis une page visitée par 2 000 personnes du bon secteur vaut mieux que trente liens depuis des pages que personne ne lit.
Autre confusion fréquente : croire que le netlinking est une affaire de volume. C'est une affaire de pertinence. Un site de 30 pages bien positionnées peut dépasser un site de 300 pages avec 500 backlinks achetés.
Quel attribut pour quel cas ?
Le tableau de décision que j'aurais aimé trouver il y a cinq ans :
| Situation | Attribut à poser |
|---|---|
| Lien interne (navigation, maillage éditorial) | Aucun |
| Lien sortant vers une source éditoriale de confiance | Aucun |
| Article sponsorisé, partenariat rémunéré | rel="sponsored" |
| Lien d'affiliation | rel="sponsored" |
| Commentaire, contribution de visiteur | rel="ugc" |
| Lien douteux dans un commentaire non modéré | rel="nofollow" ou suppression |
Un dernier mot sur les liens entrants que vous recevez, pas ceux que vous posez. C'est là que se concentre le vrai danger. Vous ne contrôlez pas qui vous cite. La majorité des actions manuelles « liens non naturels » concernent des sites qui ont reçu des liens toxiques — souvent parce qu'ils ont acheté, ou parce qu'un concurrent les a visés. Surveiller son profil de backlinks reste, à mon avis, plus rentable que de peaufiner ses attributs sortants pendant des heures.
Et si vous devez retenir une seule chose : envoyez l'attribut au moment où vous posez le lien. Une fois que le prestataire a disparu, que le CMS a changé trois fois de plugin et que personne ne se souvient du partenariat, la correction vous prendra dix fois plus de temps qu'elle n'en aurait pris à l'origine.